Le secteur agroalimentaire : les 4 grands défis pour 2020-2030

Le secteur de l’agroalimentaire fait face à de multiples mutations, provenant tant des consommateurs que des régulateurs de cette industrie. Voici 4 transitions parmi les plus importantes selon Stim :

 

1. Valorisation des déchets et résidus de production

39% de déchets alimentaires en Europe proviennent de la fabrication alimentaire, y compris les sous-produits (carcasses, os issus de la production de viande), produits déformés ou endommagés, ou la surproduction.

 

Afin de maximiser la valorisation de toutes les fractions de matière, la production alimentaire peut être couplée à une production de bioénergies, tels que de biocarburants (issu du sucre, de produits amidonniers pour les huiles végétales), bio gazole (issu d’huiles de cuisson usagées ou de graisses animales), bioéthanol (à la base des sucriers et les amidonniers), etc.

 

En France, les sucriers et les amidonniers tels que Cristal Union – un groupe coopératif agro-industriel parmi les premiers producteurs européens de sucre et d’alcool (CA 960 millions d’euros), Tereos – un groupe coopératif sucrier ou encore Roquette – un leader mondial des ingrédients d’origine végétale et un pionnier des nouvelles protéines végétales sont les principaux producteurs de bioéthanol. 

 

La filière bioéthanol ne représente encore que 3% du marché des essences en 2019, mais elle enregistre une croissance inédite (+55% l’année précédente), indique la Collective du bioéthanol.

 

Agroalimentaire , déchets

 

>>> Lire notre article « Waste is a failure of design » <<<

 

2. Information parfaite pour le consommateur

En septembre 2019, Intermarché – l’un des seuls distributeurs français à fabriquer lui-même ses produits de marques distributeurs, a annoncé qu’il allait changer 900 recettes afin que ces denrées obtiennent un meilleur score sur l’application Yuka, utilisée par 12 millions d’utilisateurs en Europe — dont 10,5 millions en France pour scanner les propriétés des produits alimentaires et cosmétiques au supermarché.

 

La définition de “bien manger” évolue aussi. Dans une étude menée en 2017 par l’Obsoco, l’Observatoire société et consommation, les Français veulent des aliments qui, d’une part, ne leur font pas de mal, mais également “qui leur font du bien, et qui font du bien à la planète, et aux animaux”. Face à ces nouveaux besoins pour une transparence des informations, les grands distributeurs français tels que Carrefour, Auchan, Lidl ou encore Leclerc commencent à se repositionner.

 

3. Promotion de l’éco-conception et incorporation de matériaux recyclés

L’industrie agroalimentaire, via l’ANIA (association nationale), s’engage à ne plus utiliser d’emballage plastique d’ici 2025 et 30% de plastiques recyclés dans les bouteilles, sachant qu’elle compte aujourd’hui jusqu’à 68% d’emballages plastiques !

 

Coca-Cola, notamment classé premier pollueur au monde par un collectif d’ONG, travaille sur une bouteille fabriquée à partir de déchets plastiques récupérés dans les océans. Une partie de ces plastiques recyclés pourraient être incorporée dans toutes ces bouteilles dès cette année.

 

Encore plus engagé, Danone investit 2 milliards d’euros sur trois ans pour mettre en oeuvre un plan d’action climatique, avec pour priorité la question des emballages (900 millions d’euros alloués sur ce volet). Danone s’engage ainsi à atteindre 50% de PET recyclé dans ses emballages d’ici à 25 ans, et 100% pour le pôle Eaux. Cela arrive même dès avril 2020 pour les packagings Volvic et Evian !

 

« 2020 c’est l’année d’un nouveau plan qui vise à accélérer notre investissement sur l’action climatique. […]. Le climat n’est pas un adversaire mais un allié. Nous voulons être un acteur à côté des activistes du climat et redonner de la légitimité à nos marques » indique Emmanuel Faber, PDG de Danone.

 

danone, emballage

 

4. Entrée sur le marché de pure-players des nouvelles technologies

La révolution numérique, technologique, digitale (selon ce qu’elle englobe : IA, IoT, big data…) touche désormais tous les secteurs de la chaîne alimentaire, depuis les agriculteurs qui gèrent leurs intrants via des drones, aux transformateurs qui mettent en place la blockchain, des packagings connectés, des produits personnalisés et personnalisables à l’infini jusqu’aux distributeurs qui proposent de nouvelles expériences shopping.

 

Mais les nouvelles technologies n’ont pas seulement des implications sur les chaînes établies (producteurs > transformateurs > distributeurs), elles permettent également l’arrivée sur le marché agroalimentaire de nouveaux acteurs venant court-circuiter ces chaînes, tels Amazon avec son projet de livraison à domicile par drones.

 

Ainsi contrairement à ce que l’on peut penser, les nouvelles technologies impactent également les acteurs en BtoB. Pour ces dernières, situées en début de chaîne, se pose d’ailleurs la question d’intégrer de plus en plus l’aval afin de capter une plus grosse part de la valeur amenée au consommateur.

 

Et vous, quels sont les grands défis et les opportunités pour l’industrie agroalimentaire dans les 10 prochaines années, selon vous ?

 

 

*** Sources :

 

 

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