Faire de la France une économie de rupture technologique : la conférence du Conseil de l’innovation

Le Conseil de l’innovation, co-présidé par le ministre de l’Economie et des Finances et la ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, a été créé en juillet 2018 afin de coordonner et de définir les grandes priorités en matière d’innovation.

 

Après plus d’un an d’existence, le Conseil de l’innovation présentait ses avancées lors de la conférence du mardi 19 novembre. Selon Bruno Le Maire, Ministre de l’Economie et des Finances, pour faire de la France “une économie de rupture technologique”, la France s’est inspirée de la DARPA américaine et a choisi 5 grands défis à relever. Il s’agit de la Certification de l’intelligence artificielle, Automatisation de la cyber-sécurité, Bioproduction, Diagnostics médicaux et intelligence artificielle, Innovation de rupture en matière de transition énergétique.

 

Nous synthétisons ensuite pour vous les 3 points les plus importants à retenir de cette conférence :  (1) le focus sur l’innovation de rupture dans le secteur santé, (2) le besoin de croiser des profils différents et (3) la nécessité de faire tomber les murs entre la recherche publique et l’industrie.

 

 

Les 5 grands défis à relever

1. Certification de l’intelligence artificielle : comment sécuriser, certifier et fiabiliser les systèmes ayant recours à l’intelligence artificielle ?

Intervention de Isabelle Ryl, directrice de l’institut PRAIRIE et Julien Chiaroni, directeur de programme.

 

Les 3 points les plus importants :

(1) Le développement rapide des logiciels d’IA dans tous les secteurs d’activité pose des questions en terme de garantie de leur “bon fonctionnement”, surtout dans des domaines qui ne tolèrent pas l’erreur tels que la sécurité, la justice ou encore les diagnostics de santé.

 

(2) La certification des systèmes intégrant de l’IA permettrait de garantir la maîtrise de son implémentation et un certain niveau de confiance. La France ambitionne de se positionner comme leader européen de la certification de l’IA, domaine sur lequel les initiatives restent encore rares.

 

(3) Un projet très ambitieux de 45 M€ sur 4 ans vise à développer les briques technologiques indispensables à la conception de systèmes, en mobilisant des industriels et des laboratoires de recherche pour répondre aux enjeux de confiance des citoyens et de compétitivité de l’industrie.

 

 

2. Automatisation de la cyber-sécurité : comment automatiser la cyber-sécurité pour rendre nos systèmes durablement résilients ?

Intervention de Patrice Caine, président-directeur général du groupe Thalès et William Lecat, directeur de programme.

 

Les 3 points les plus importants :

(1) Pourquoi un tel besoin ? Il y a de plus en plus d’objets (et de personnes) connectés, avec une autonomie croissante. Par conséquent, la surface de vulnérabilité augmente ainsi que la gravité des attaques potentielles comme, par exemple, l’attaque sur l’Ukraine dans le fonctionnement de l’aéroport d’Odessa ou du métro de Kiev en 2017.

 

(2) L’automatisation de la cyber-sécurité permet, dans ce contexte, d’avoir des mesures de protection plus rapides et plus efficaces. S’il fallait parfois plusieurs mois pour détecter une attaque, il suffit maintenant de quelques heures et l’intelligence artificielle permettrait même de les anticiper.

 

(3) La question de l’intégration de l’innovation de rupture dans les application réelles en industrie demande une logique de développement agile. Celle-ci s’axe sur trois thématiques : l’anticipation, la détection et la remédiation des cyber-attaques.

 

Photo of Person Typing on Computer Keyboard

 

 

3. Bioproduction : comment produire biologiquement et à coût réduit des protéines à très forte valeur ajoutée ?

Intervention de Isabelle de Crémoux, présidente-directrice générale de Seventure Partners.

 

Les 3 points les plus importants :

(1) Le défi porte essentiellement sur la “levée des verrous technologiques des procédés de bioproduction actuels dans l’industrie” : produire des protéines complexes aux propriétés innovantes à partir de nouvelles sources qu’il faut savoir maîtriser.

 

(2) Les coûts de production de ces protéines à forte valeur ajoutée étant très élevés par lot, l’enjeu est aussi d’optimiser et de sécuriser les processus de fabrication de ces produits complexes en petits volumes.

 

(3) Pour répondre à ces besoins et assurer la souveraineté de la France sur ce défi, il est nécessaire de croiser des expertises diverses de domaines tels que les technologies du numériques, les biotechnologies, l’ingénierie de production.

 

 

4. Diagnostics médicaux et intelligence artificielle : comment améliorer les diagnostics médicaux par l’Intelligence artificielle ?

Intervention de Marie Meynadier, chercheuse-entrepreneure et Olivier Clatz, directeur de programme.

 

Les 3 points les plus importants :

(1) Ce défi vise à procéder à une structuration importante des données, permettant le partage et l’accès simplifié et plus important aux données de santé par les professionnels du milieu. Il vise également à indexer les données de soins courantes des patients pour améliorer l’apprentissage des algorithmes (recherches privées et publiques).

 

(2) L’enjeu est aussi de soutenir les projets de recherche en association avec la plateforme Health Data Hub. Il est d’ailleurs prévu de lancer un appel à projets fin 2019 pour mettre en avant la collecte massive des données et le soutien à l’effort de recherche du développement des données de santé.

 

(3) A l’horizon 2020, le programme veut soutenir l’expérimentation d’applications utilisant l’IA avec un état de maturité technologique significatif à destination des établissements de santé.

 

 

Person Holding Test Tubes

 

 

5. L’innovation de rupture en matière de transition énergétique : stockage d’énergie haute densité

Intervention de Benoît Potier, président-directeur général d’Air Liquide.

 

Les 3 points les plus importants :

(1) Pour Air Liquide, il faut identifier les couplages entre marchés et technologies de demain. Parmi les défis que notre société doit relever, 3 axes ont été retenus afin de bâtir l’ambition d’Air Liquide pour le 21ème siècle : le numérique, la santé et la transition énergétique.

 

(2) Il est très important d’anticiper les enjeux énergétiques du 21ème siècle et de se donner les moyens de développer le stockage d’une énergie verte. Air Liquide se positionne en innovation de rupture en se positionnant sur des voies prometteuses telles que l’hydrogène et les biocarburants privilégiant l’économie circulaire.

 

(3) Enfin, la digitalisation des industries et la levée de nombreux verrous technologiques dans beaucoup de domaines scientifiques et techniques est un des défis majeurs que doivent relever les entreprises.

 

Low-angle Photography of High-rise Building

 

 

Ce qu’il faut retenir de la conférence

(I) Un focus sur l’innovation de rupture dans le secteur Santé : sur les cinq défis annoncés, plusieurs concernent le domaine de la santé – dans lequel la France est particulièrement innovante. Ce focus montre une volonté de maintenir cette avance et d’affirmer ce choix de l’innovation de rupture dans un domaine qui présente beaucoup de contraintes à respecter et de plus en plus au coeur des préoccupations.

 

(II) Le besoin de croiser des profils différents (techniques, technologiques, financiers, commerciaux, marketing, etc) pour favoriser la synergie et une collaboration plus significative, mais aussi pour faire avancer rapidement les sujets clés développés précédemment. Comme l’ont souligné Eric Carreel, président fondateur de Withings et Jean-Michel Dalle, président-directeur général d’Agoranov, “il est temps de réconcilier les sciences dures et les sciences humaines” afin de soutenir ces projets à ambition croissante.

 

(III) Enfin, pour reprendre les mots de Bruno Le Maire, il est indispensable de “faire tomber les murs entre la recherche publique et l’industrie” et ainsi dépasser les freins à l’innovation dans les entreprises. Stim est fier d’être un acteur qui s’inscrit dans cette démarche, après 5 ans de R&D pour créer les standards du management de l’innovation – à partir des travaux de recherche fondateurs en management de l’innovation et en collaboration avec l’équipe du laboratoire CGS de Mines ParisTech.

 

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