Innovations de rupture : 3 pièges à éviter pour les faire aboutir dans l’entreprise

Vous l’avez peut-être déjà remarqué, voire expérimenté si l’innovation fait partie de votre mandat : porter une innovation de rupture en entreprise est un chemin semé d’embûches ! Vous devez redoubler d’astuces pour progresser face à l’inertie de votre entreprise qui repousse corps et âme votre projet… alors que c’est pour son bien ! Car faire de l’innovation de rupture, c’est ça : avancer aujourd’hui à contre courant pour  assurer demain la prospérité de l’entreprise.

Et si, pour une fois, vous changiez de côté ? Prenez la peau de celui (ou celle) qui prend un malin plaisir à tuer les innovations. Suivez le guide (et promis, on ne dira rien à personne)…

 

>> Lire notre guide <<

 

~~~

Vous ne savez pas comment elle est arrivée. Mais elle est là. Le ver est dans la pomme.

 

Une innovation de rupture.

 

L’un de vos collègues a osé imaginer un monde différent de celui d’hier… et il voudrait en plus que votre entreprise y joue un rôle ! Alors, que peut-on faire pour balayer tout ça rapidement ? Comment va-t-on tuer poliment cette idée neuve – sans en donner l’air ?

Ne vous inquiétez plus, chez Stim, on a réuni le meilleur de la recherche pour vous. Le crime parfait en perspective : pas de trace, les mains propres, vous resterez blanc comme neige et ce nouveau futur… fera bientôt partie du passé. 

Faire rater un projet d’innovation gênant ? Rien de plus simple, on vous décrit les trois pièges à tendre pour ne plus en entendre parler !

Tuer l’innovation de rupture en 3 leçons

#1 Premier piège : le filtre populaire

Comme dans toute bonne entreprise, chez vous aussi on doit prioriser et sélectionner les projets. Et si vous veillez à ce qu’on fasse comme d’habitude, cette innovation de rupture, ce mouton à 5 pattes, ne devrait pas passer le filtre.

 

Plusieurs facteurs sont avec vous :

  • D’une part, plus l’idée est en rupture, moins vous avez de chance que votre entreprise sache la mettre en oeuvre dès maintenant : les “ce n’est pas notre métier” ou “on n’a pas l’expertise pour faire ça chez nous” sont vos meilleurs alliés
  • D’autre part, il y a de bonnes chances que personne dans l’entreprise ne connaisse bien le sujet nouveau : ni le marché, ni l’intérêt des clients qui ne sont pas les vôtres, ni les technologies nécessaires… C’est le terrain rêvé pour glisser avec aplomb toutes les certitudes que personne ne pourra challenger : “ça ne marchera jamais – je connais bien la technologie !”, “mon oncle a une entreprise du secteur et il n’y a pas de marge à faire là bas” ou encore le très efficace “on a essayé en 1990, on a perdu beaucoup de temps, et on sait que c’est impossible”…

Franchement, si l’idée résiste à ça – chapeau. Tout le monde dans l’entreprise devrait s’en donner à cœur joie – même sans les y inciter : blanc comme neige je vous le dis !

 

#2 Deuxième embûche : l’asphyxie par les processus internes.

Mauvaise nouvelle, un membre du Comité Exécutif a pris position en faveur de cette idée en rupture: il a milité pour qu’on étudie la question. Il a chargé une équipe d’avancer sur le sujet, pour ensuite prendre une décision. Pas de panique, la deuxième salve devrait l’avoir, ce maudit projet de rupture.

 

Laissez faire, a priori l’équipe devrait se prendre une belle série de murs : pour tester cette nouvelle idée vous n’avez ni l’espace, ni les outils, ni les compétences… Ils vont devoir passer par les achats pour investir dans du nouveau matériel. Voir avec le juridique pour monter un partenariat exploratoire. Contourner les commerciaux pour tester des modèles nouveaux avec les clients…

Normalement, tous ces services devraient simplement leur appliquer les processus habituels : ceux des projets de grande ampleur. Et ça, ça vaut tout l’or du monde pour vous : c’est l’assurance de prendre 6 mois dans la vue, de décourager 3 chefs de projet, et rater les budgets de l’année sur le sujet.

On vous le dit, restez tranquille : le tout va s’asphyxier naturellement… une mort lente, que personne ne remarquera.

#3 Dernière arme : lui faire une place de choix dans l’entreprise !

Si par hasard, cette idée a réussi à passer les deux premières étapes… Même si j’y crois peu – admettons que vos services supports sont agiles, vos chefs de projets acharnés, et votre management attentif à tout ça…

Il vous reste la botte secrète, celle qui achèvera le plus robuste des projets et qui fera de vous un héros insoupçonnable.

 

Proposez d’héberger ce projet nouveau au plus bel endroit : au sein de la plus grande ligne produit, là où tout le monde rêve de travailler, là où sont les meilleurs.

Sous couvert de raisons saines, vous vous assurerez ainsi de mettre ce projet dans un lieu où il ne représentera rien de significatif : chiffre d’affaire ridicule, volume de marge quasi nul au départ… Sans parler du fait qu’il faut certainement le traiter avec des processus et outils différents de votre quotidien… Vous devriez dormir sur vos deux oreilles et on ne tardera pas à acter de la mort de ce projet atypique dans lequel on avait faussement mis tant d’espoirs. Mieux encore, ce sera le moment de gloire pour vous : “J’ai eu beau lui donner le meilleur terreau – ça n’a pas marché… “, vous pourrez même leur dire qu’ils auraient dû vous écouter dès le début. Avec un peu de chance, ils vous présenteront des excuses !

~~~

Vous l’aurez compris, pour faire réussir vos projets d’innovation, vous devez vous préparer à franchir ces 3 obstacles. Heureusement, ils ne sont pas insurmontables ! Voici 3 points à ne pas rater :

  1. Prouvez l’intérêt et la valeur de votre projet – Montrez les bénéfices de votre projet pour l’entreprise : les opportunités de nouveaux marchés, les connaissances qui seront acquises, l’image de l’entreprise qu’il donnera, etc. Surtout, ne vous focalisez pas seulement sur l’aspect financier souvent très incertain à ce stade!
  2. Définissez vos propres objectifs – Ne laissez pas les processus habituels dicter vos objectifs, mais ne le laissez pas non plus les décideurs sans moyen pour l’évaluer. Sortez du cadre, proposez vos propres métriques et objectifs.
  3. Soyez patient – N’effrayez pas les décideurs avec des budgets important dès le début. Faites vos preuves petit à petit, gagnez leur confiance étape par étape en préférant de tests et expérimentations à faibles risques et faibles coût. De même, communiquez sans relâche et largement sur votre projet, mais ne cherchez pas à l’intégrer immédiatement dans les business unit établies.

Avec ces nouvelles cartes en main, prenez à bras le corps les projets d’innovation de rupture que vous menez, et soyez celui qui aura su rendre réalités les plus prometteurs. Excitant, non ?

 

Vous voulez en savoir plus sur comment contribuer à l’innovation dans votre entreprise en fonction de votre métier ? 

Lire notre guide

 

Et si vous avez aimé notre article, partagez-le sur les réseaux sociaux !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Il y a 1 commentaire
  • … »Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage :
    Polissez-le sans cesse et le repolissez ;
    Ajoutez quelquefois, et souvent effacez.
    C’est peu qu’en un ouvrage où les fautes fourmillent,
    Des traits d’esprit semés de temps en temps pétillent.
    Il faut que chaque chose y soit mise en son lieu ;
    Que le début, la fin répondent au milieu ;
    Que d’un art délicat les pièces assorties
    N’y forment qu’un seul tout de diverses parties,
    Que jamais du sujet le discours s’écartant
    N’aille chercher trop loin quelque mot éclatant.

    Craignez- vous pour vos vers la censure publique ?
    Soyez-vous à vous-même un sévère critique.
    L’ignorance toujours est prête à s’admirer.
    Faites-vous des amis prompts à vous censurer ;
    Qu’ils soient de vos écrits les confidens sincères,
    Et de tous vos défauts les zélés adversaires.
    Dépouillez devant eux l’arrogance d’auteur ;
    Mais sachez de l’ami discerner le flatteur.
    Tel vous semble applaudir, qui vous raille et vous joue.
    Aimez qu’on vous conseille, et non pas qu’on vous loue.
    Un flatteur aussitôt cherche à se récrier :
    Chaque vers qu’il entend le fait extasier.
    Tout est charmant, divin : aucun mot ne le blesse ;
    Il trépigne de joie, il pleure de tendresse ;
    Il vous comble partout d’éloges fastueux.
    La vérité n’a point cet air impétueux.
    Un sage ami, toujours rigoureux, inflexible,
    Sur vos fautes jamais ne vous laisse paisible :
    Il ne pardonne point les endroits négligés,
    Il renvoie en leur lieu les vers mal arrangés,
    Il réprime des mots l’ambitieuse emphase ;
    Ici le sens le choque, et plus loin c’est la phrase.
    Votre construction semble un peu s’obscurcir :
    Ce terme est équivoque : il le faut éclaircir.
    C’est ainsi que vous parle un ami véritable. »…

    Boileau : L’Art poétique 1674

    Tangui