Innovation en entreprise : comment faire mieux que les sessions de créativité ?

Les entreprises sont conscientes de l’importance de l’innovation pour renforcer leur compétitivité et leur croissance. Néanmoins, il reste difficile de piloter l’innovation, notamment la phase d’idéation.

 

Cette phase désigne généralement un processus organisé de génération d’idées. Parmi les processus les plus répandus en entreprise figurent : le brainstorming, l’atelier de créativité, la boîte à idées, etc…

 

Leur point commun ?  Le hasard.

Mais comment optimiser les démarches d’innovation pour dépasser le simple hasard ?

 

Hasard et Créativité

Comment naît une nouvelle idée ? Principalement de l’association de connaissances existantes, qui n’avaient encore jamais été combinées.

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Par exemple, pendant un brainstorming sur les véhicules à basse consommation, Pierre, designer, propose une idée qui paraît audacieuse au premier abord : un véhicule qui ne consommerait rien. Cette idée fait alors réagir Julie, ingénieur moteur, qui connaît très bien les problématiques du bâtiment neutre en énergie. Elle suggère un concept de véhicule capable de produire sa propre énergie de manière autonome. Ainsi, les idées proposées sont enrichies grâce aux connaissances des autres participants, au travers des échanges et des discussions.

 

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, la richesse du brainstorming ne vient d’ailleurs pas tant des idées échangées que des connaissances partagées.

 

Mais ce phénomène reste très aléatoire et non-piloté : si les bonnes connaissances ne sont pas activées au bon moment, on peut passer à côté d’une idée.

 

Statistiquement, si l’on regarde l’ensemble des connaissances disponibles au sein d’un groupe de travail, les chances d’obtenir la bonne combinaison de connaissances pour générer la bonne idée sont faibles.

 

Comment faire mieux ?

Bien qu’il n’existe pas de recette miracle, certaines techniques peuvent augmenter les chances de tomber sur des idées nouvelles et originales.

 

#01 Partir avec les bonnes cartes en main

La première étape consiste à identifier en amont les experts pertinents à intégrer à votre groupe de travail : ceux qui détiennent les connaissances clés pour alimenter votre exploration.

 

Qui inviter à une session d’idéation ?

  • Des experts externes – pour apporter de nouvelles connaissances

Comme expliqué précédemment, les idées résultent de la connexion entre des connaissances : plus les connaissances mobilisées sortiront du domaine d’expertise classique de votre entreprise, plus les idées seront originales.

 

La première étape est donc d’identifier des domaines d’expertise à la fois nouveaux et pertinents vis à vis du sujet étudié. Des outils comme la cartographie C-K peuvent y aider.

 

Par exemple, un constructeur automobile qui travaille sur la voiture basse consommation pourrait faire intervenir les experts de l’équipe Solar Impulse (l’avion solaire) pour découvrir leur logique de gestion d’énergie en vol.

 

  • Des experts internes – pour exploiter ces nouvelles connaissances

Les connaissances apportées par les experts externes devant être transposées à la problématique étudiées, il est nécessaires de faire intervenir des experts internes. En effet, grâce à leur connaissance fine du sujet, ils seront en mesure d’adapter les idées nouvelles et d’en tirer des concepts pertinents. Il est préférable de choisir des experts ouverts à la discussion et conscients des limites de leur propre expertise.

 

Pour le travail sur la voiture basse consommation, il sera indispensable d’intégrer les spécialistes internes du bloc moteur et de l’énergétique.

 

#02 – Votre rôle pendant la session d’idéation

Une fois les bonnes ressources réunies, il s’agit d’augmenter les chances d’obtenir la bonne combinaison d’idée. Pour ce faire, votre rôle doit dépasser celui de simple animateur.

  • Imposer le terrain de jeu

Si la réflexion n’est pas cadrée, les participants tendent à rester dans un périmètre proche de leur domaine d’expertise, et arrivent à des idées peu originales.

 

Pour les faire sortir de leur « zone de confort », il est nécessaire d’identifier, au préalable, des axes d’innovation en rupture, sur lesquels orienter la session. Ici encore, la cartographie C-K peut être utile pour construire ces axes.

 

Par exemple dans la cas de la voiture basse consommation, les experts auront tendance à vouloir améliorer le moteur thermique classique. En revanche, s’ils sont contraints à travailler sur un concept de voiture qui ne pourrait utiliser le moteur thermique qu’une seconde par km, vous les inciterez à imaginer un mode de fonctionnement complètement nouveau.

 

  • Favoriser l’utilisation des connaissances

Les axes d’innovation choisis peuvent amener les participants à travailler sur des sujets très nouveaux, qu’ils ne maîtrisent pas nécessairement. Ils peuvent rapidement se retrouver bloqués, ou fixés par des solutions existantes.

 

Il est conseillé, en premier lieu, de demander aux experts externes de présenter brièvement leur expertise, afin de garantir que ces nouvelles connaissances soient bien partagées au sein du groupe.

 

Comment s’assurer, ensuite, que ces connaissances seront utilisées durant la phase de génération d’idée ? En mettant des « cartes connaissances » à la disposition des participant pendant la session, par exemple. Pour chaque connaissance, un bref résumé accompagné d’un cas d’application suffisent. Ces cartes permettront de ré-ouvrir ou relancer la discussion si besoin.

 

Dans l’exemple du véhicule basse consommation, les participants risquent de rejeter la piste de la voiture qui n’utilise son moteur qu’une seconde par kilomètre. Une carte de rappel « Solar Impulse » sur la gestion de l’énergie en vol pourrait alors être utile pour débloquer la situation.

 

 

 

Pour conclure, il est possible de faire bien mieux que le hasard lorsqu’il s’agit d’innover. Pour maximiser ses chances, la première étape est de piloter l’apport de connaissances pendant les sessions d’idéation. Les éléments ci-dessus, simples à mettre en œuvre, permettent déjà d’augmenter sensiblement la qualité des concepts proposés.

 

 

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